La Culture des Phalaenopsis
Tous et chacun se souviennent ou vivent présentement
l’anxiété que procure l’achat de sa première orchidée. Les premières semaines et
celles qui suivent nous font
penser à l’énervement que nous avons ressenti
lorsque nous avons pris pour la première fois dans nos bras, quelques minutes
après sa naissance, notre premier nouveau-né. Et pourtant, la culture du Phalaenopsis est relativement simple pour autant qu’on en maîtrise certains
principes de bases. Les Phalaenopsis s’adaptent bien à notre intérieur et nous
pouvons même dire qu’elles ont la vie dure. Les prochaines lignes ont pour seul
but de vous communiquer des informations d’ordre général et certains principes
que nous appliquons. Nous vous suggérerons aussi des manuels beaucoup plus
complets sur la culture des Phalaenopsis.
Dans l’histoire des orchidées, rien ne suscite chez les orchidophiles autant de discussions que les différentes méthodes de culture. Tous les bons producteurs ont développé leurs recettes et, si cela fonctionne bien pour eux, pourquoi changer? Ils ont tous la même maxime, «si ce n’est pas brisé pourquoi le réparer ». Toutefois, s’il y a un point sur lequel tous s’entendent, c’est sur les principes de culture. Il n’y a pas de façon spéciale ou unique de cultiver les phalaenopsis. Dans les faits, il y en a plusieurs et personne ne peut affirmer qu'il y en a une meilleure que l'autre.
Avant de passer en revue ces principes, essayez de visualiser la jungle indonésienne. Un couvert épais, des arbres majestueux dont le tronc est couvert de mousse, de sycomores, une humidité très élevée, une chaleur intense le jour, des nuits plus fraîches, un vent doux, une saison des pluies l’été et de sécheresse l’automne. C’est dans ce type d’environnement que croient les espèces de Phalaenopsis. Elles s’agrippent aux arbres à l’aide de leur racines aériennes parce que, oui, elles sont épiphytes. N’essayez surtout pas de faire croître votre plante dans un terreau, elle n’est pas terrestre et vous la tueriez à coup sûr. Naturellement, votre milieu n’est pas la jungle ; mais il est assez simple de recréer chez vous cet environnement et ainsi déjouer les habitudes naturelles de la plante. Quelle joie vous procurera votre phalaenopsis lorsqu’elle refleurira pour la première fois.
Sachez d’abord que votre orchidée aura mis plusieurs mois pour atteindre sa maturité et subi plusieurs étapes de croissance.
Près de 4 mois pour obtenir une gousse mature qui fournira la semence.
Entre 6 à 12 mois dans un flacon mère fermé hermétiquement afin d’obtenir des protocormes (jeunes plantules) qui seront transplantés.
6 à 12 mois dans un deuxième flacon fermé hermétiquement contenant un nombre variable de plantes.
De 12 à 18 mois à l’air libre. Les plantes seront groupées en pot communautaire et transplantées à tous les 4 mois.
Pour la majorité des croisements, comptez encore 12 à 18 mois pour obtenir des plantes prêtes pour leur première floraison.
Ce n’est pas sans raison que nous débutons par les arrosages. La très grande majorité des questions qui nous sont posées lors des expositions ou lors de nos rencontres porte sur ce point. De plus, dans la culture des orchidées, cette variable est aussi la principale cause des mortalités. À quelle fréquence devons-nous arroser notre phalaenopsis? Ceux et celles qui s’attendent à une réponse claire seront sans doute déçus. Quand la plante a soif. Plusieurs facteurs influencent cette fréquence. Les saisons, l’humidité ambiante, le type de médium utilisé lors de l’empotage, la température, etc. Il n’y a donc pas de ligne directrice sur ce point. Toutefois, vous aurez plus de difficulté à tuer un phalaenopsis par une sécheresse forcée que par un excès d’eau suite à des arrosages trop fréquent.
Ce que votre Phalaenopsis aime :
Un arrosage abondant et en profondeur lorsque c’est requis.
Un milieu de culture qui demeure légèrement humide entre les arrosages.
Une eau ayant un PH entre 5,8 et 6,2 pour une absorption maximale des engrais (un peu acide). En général au Québec et au Canada, l’eau traitée par les usines de filtration est excellente pour la culture des orchidées. Dans le doute, l’analyse de l’eau est recommandée. Un ajustement de votre eau sera peut-être nécessaire.
Ce que votre Phalaenopsis déteste :
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Avoir ses racines baignées dans l’eau par des arrosages trop fréquents. (Première cause de maladie. (La pourriture des racines entraîne , s’il n’y a pas de correctif, la mort de la plante) |
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Des arrosages qui sont trop superficiels. (Accumulation de sels dans le milieu d’empotage, ce qui entraîne le dessèchement des racines et la mort éventuelle de la plante. |
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Un milieu qui est trop souvent desséché. |
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L’eau d’un puits qui est souvent trop alcaline pour la culture des orchidées. Elle la déteste encore plus si vous êtes équipé d’un adoucisseur trop salin. L’analyse de l’eau est indispensable. L’eau de pluie est un bon palliatif pour les petites collections. |
Tous ceux et celles qui ont déjà vu un contenant d’engrais savent déjà qu’il y a trois chiffres d’inscrits. Le premier représente l’azote, le deuxième le phosphore et le troisième le potassium. D’une marque à l’autre et d’un fertilisant à l’autre, on peut retrouver une très grande variété de micro éléments, tels que le souffre etc. Tous ces éléments sont essentiels à la bonne croissance de votre plante.
Pendant presque toute l’année, nous utilisons un engrais balancé, le 20-20-20 au quart du dosage recommandé par le fabricant pour les plantes intérieures, à raison de trois arrosages sur quatre. La quatrième fois on arrose à l’eau seulement. Cela permet un bon lessivage des sols, ce qui empêche l’accumulation des sels dans le milieu d’empotage. Au cours des mois de novembre et décembre, nous optons pour un engrais avec un dosage plus élevé en phosphore afin d’obtenir une plus belle floraison.( Ne jamais appliquer des engrais lorsque votre milieu d’empotage est trop sec. (Arrosez profondément votre milieu et appliquez l’engrais le lendemain).
Pour la grande majorité des orchidées, le milieu d’empotage et le pot ne servent qu’à nourrir et soutenir la plante. Si elle était placée dans des conditions se rapprochant de leur milieu naturel, votre Phalaenopsis pourrait aussi bien pousser sur un bout de bois ou sur un carré de liège. C’est pourquoi vous pourrez retrouver les Phalaenopsis dans des pots de gré ou de plastique et dans divers milieux d’empotage. L’important, c’est que les racines puissent respirer.
Il n’y a pas vraiment de médium idéal, chaque producteur aura sa propre recette plus ou moins complexe. Quelques fois ils utiliseront de la perlite , du charbon de bois, de la fibre de coco, du Pro Mix HP, écorce de pin, mousse de sphinge de la Nouvelle Zélande et autres produits que l’on peut retrouver sur le marché. Ce qui est important avant tout, c’est de reconnaître les qualités de rétention de l’eau du médium dans lequel votre orchidée poussera.
Nous n’utilisons que de la mousse de sphaigne de Nouvelle Zélande. Nous connaissons bien ce produit, ces qualités et ces défauts. Ce qui importe le plus c’est que nos plantes semblent être heureuses, alors pourquoi devrait-on changer. Toutefois si vous choisissez d’utiliser un autre produit, il ne faut pas changer toute votre collection d’un coup.
Les orchidées ont besoin de lumière pour se développer. Elles pourront aussi bien pousser en recevant cette lumière d’un bord de fenêtre ( à l’exception du côté nord), sous des néons, des lampes à pression haute intensité, pour des collections plus importantes, ou dans une serre.
À quelle intensité ? Juste assez pour ne pas brûler la plante. Comme nous, votre phalaenopsis pourrait attraper un coup de soleil. Pour nous un coup de soleil veut dire que notre peau va peler , pour votre plante çà se termine par une blessure permanente et possiblement la mort. En général, si la température du feuillage devient plus chaude que la température de votre corps, vous devez reculer votre plante du bord de la fenêtre, ou ombrager celle-ci.
Nous cultivons nos plantules sous néons Daylight 40 watts, placés à environ 8 pouces du feuillage. Nous changeons nos néons une fois par année à l’automne.
Le reste de la collection est cultivé en serre. Nous disposons d’une ombrière intérieure qui coupe l’intensité lumineuse à 50% et une autre à l’extérieur pour couper un autre 50%, ce qui donne de l’ombre à nos plants. Nous enlevons complètement ces ombrières l’hiver.
N.B. – Les plantules (moins de 7 cm 3 pouces) demandent moins d’éclairage. Voir la section III B-2 sur notre site: Sortie des plantules .
– Les fleurs ont tendance à perdre leurs couleurs si elles sont placées près d’une source lumineuse trop intense.
Chaque genre d’orchidées a des exigences assez précises quant à la température qu’elles préfèrent. On ne cultivera pas les espèces d’orchidées québécoises en Afrique, sans adaptation majeure. On a qu’à penser à la période de gelée hivernale pour bien imager l’adaptation qui serait nécessaire à la survie de la plante.
On classe généralement les orchidées en trois catégories de température : Les froides, les intermédiaires et les chaudes. C’est pourquoi il est très important de bien s’informer des exigences de cette sorte d’orchidée auprès des vendeurs avant de l’acheter . On évitera ainsi beaucoup de frustration.
Les phalaenopsis et leurs parentes les doritis, ont des exigences de température intermédiaire- chaude et chaude. En règle générale, on peut dire qu’elles se plaisent à des températures se situant entre 27-30 C (80-85F) le jour et 15-18 C (60-65F) le soir. L’hiver, elles se contenteront aisément de 20-22C (65-72F) le jour et 17-18 C (63-66F) la nuit. Elles sont donc toutes indiquées pour l’apprentissage de la culture des orchidées dans nos appartements, été comme hiver. Comme nous, quand c’est très chaud (28 C ou 82F) la plante commence à souffrir de la chaleur, quand c’est froid (16C ou 60F) elle commence à frissonner.
Le phalaenopsis préfère un taux d’humidité élevé dans son environnement immédiat, entre 60 à 80 %. À certaine période de l’année, ce taux pourrait être insuffisant. Entre autres, lors de la canicule d’été ou l’hiver lorsque nos maisons sont surchauffées et que le taux d’humidité est à moins de 50 % . Ce taux est encore réduit si le chauffage de la demeure provient de radiateurs électriques.
Il est facile de créer cet environnement en plaçant les plantes au-dessus d’un contenant rempli d’eau auquel on aura ajouter de petites roches.
N.B. Ni le pot, ni les racines ne doivent avoir un contact direct avec l’eau.
Pour éliminer la formation d’algues ajouter un bouchon d’un nettoyeur bactéricide pour la maison dans l’eau.
Le mouvement de l’air est probablement la variable la plus délaissée des orchidophiles. Pourtant, le mouvement de l’air autour de votre plant aidera à abaisser la température ambiante mais surtout réduira les risques d’infection par fongus ou par bactéries . Si votre maison est équipée d’un système de chauffage central et de ventilateur de plafond, cela sera certainement suffisant. Dans le doute, utilisez un petit ventilateur à faible vitesse.
Aucun collectionneur ou producteur n’est à l’abri d’une infestation d’insectes ou d’une épidémie de type bactérienne ou fongique.
La meilleure façon d’éviter l’emploi de pesticides, c’est encore par l’observation et la prévention. Surtout pas de panique. Les pesticides sont de puissants poisons que nous utilisons seulement dans des cas extrêmes et surtout à ne pas utiliser lorsque nos plantes ont des tiges florales.
Si vous avez compris les différentes variables dans la culture et leur contrôle (en particulier les arrosages), quand vous n’avez qu’une petite collection, il y a peu de chances que vos plantes soient atteintes de maladies. Par contre, si vous voyez une tâche vert foncé qui s’élargit rapidement, que la feuille se liquéfie, coupez immédiatement autour de la plaie, dans la partie saine de la feuille. Votre plante perdra sa beauté pendant un an ou deux, mais vous la sauverez. L’emploi de cannelle s’avérerait un antiseptique naturel intéressant. Nous l’avons testé, les résultats sont intéressants mais pas concluants.
Heureusement, mis à part les pucerons et les araignées rouges qui peuvent tuer une plante assez rapidement, les autres types d’insectes (dont la cochenille farineuse et la cochenille à carapace) ne vous causeront pas de dommages réels à court terme. Toutefois il ne faut pas les tolérer car à long terme elles causeront des blessures qui affaibliront la plante et créeront des portes d’entrée aux complications plus sérieuses . Pour de petites collections, on se débarrassera des cochenilles facilement en les badigeonnant d’alcool à friction à l’aide d’un coton ouaté ou vous pouvez utiliser du savon horticole.
Pour de plus grandes collections, l’emploi d’un insecticide systémique s’avère la seule solution pour se départir de ces petites intruses.
Pour éviter les attaques d’araignées rouges, garder votre environnement humide.
J’ai un phalaenopsis depuis trois and, deux ans… il est en santé mais il n’a jamais refleurit, quel est le problème ?
De façon générale, il est assez simple de déclencher le processus floral chez les phalaenopsis en âge de fleurir. Nous débutons ce processus en juin, juillet, alors que nous transplantons l’ensemble de nos plantes. En transplantant, nous permettons à notre plante de bien s’établir dans son nouveau contenant s’il y a lieu, et de profiter des mois d’été pour développer.
En octobre nous coupons complètement l’apport en engrais pour trois à quatre semaines. Nous arrosons régulièrement à l’eau auquel nous aurons ajouté du sel de magnésium (sel Epson) à raison de 4gr/litre (facultatif). Au même moment, nous abaissons la température la nuit à 15-16C (57-59F) et nous augmentons celle-ci le jour. Une différence de 10 degrés celcius est souhaitable. Dans votre maison, vous n’avez qu’à entrouvrir la fenêtre qui est la plus près de votre plante et augmentez l’éclairage le jour. Ce sont différents stimulus ou stress qui agiront comme déclencheur pour la floraison chez les phalaenopsis qui fleurissent au printemps.
Lorsque nous apercevons les premières hampes florales, nous commençons à donner un engrais à fleurs, riche en phosphore(le chiffre du milieu le plus élevé) jusqu’à l’apparition des bourgeons floraux. Par la suite nous revenons à un engrais balancé.
Si vous voulez en apprendre plus sur les orchidées en général et les phalaenopsis en particulier, nous vous conseillons entre autres le livre de Bob Gordon « Culture of the Phalaenopsis Orchids, Revised Édition » Tous les orchidophiles devraient posséder ce volume. Il devrait être lu et relu. Il y a toujours quelque chose de nouveau qui nous a échappé à la première lecture. Cela ne veut pas dire que nous sommes d’accord avec tout ce qui est décrit dans ce livre mais PRESQUE. Dans les faits, c’est probablement un des livres les plus complets et de plus il est simple à comprendre, même si il n'est disponible qu'en anglais. Le langage est simple. Les idées importantes sont en caractères gras.
Un autre livre intéressant est celui d’André Poliquin : « Les orchidées : Phalaenopsis » Édition Trécarré. C’est une très bonne source pour la culture de base des phalaenopsis. Il est très facile à comprendre et tout est décrit dans un langage très simple.